Mercredi dernier, s’est tenu le premier café littéraire de l’année, à l’APAJH Guyane. Organisé par la documentaliste du Service d’Education et de Soutien aux Aveugles et Malvoyants, ce rendez-vous était un moment de rencontre entre les adultes déficients visuels et Marie-Georges THEBIA, auteure guyanaise de La vie bidim d’Ambrosia Nelson.

Durant près de 2 heures, les discussions ont porté sur le parcours tumultueux d’Ambrosia, « fanm djôk » de Régina, malmenée par le destin. Les participants qui avaient au préalable lu le roman, ont félicité l’auteure pour les messages d’espoir et de combativité qu’elle transmet à travers ses écrits et dans lesquels ils retrouvent leur propre histoire.

*A venir prochainement : Café littéraire de Miguel DUPLAN, auteur de Chronique des monts jolis.

Portrait de Dominique PAWILOWSKI, documentaliste à l’APAJH Guyane depuis 2010

Déficiente visuelle depuis quelques années, Dominique PAWILOWSKI a toujours été une grande adepte de littérature. Grâce à son métier de documentaliste à l’APAJH Guyane, elle a eu la chance de se replonger dans son univers, malgré la perte de ce sens qui lui paraissait indispensable pour profiter d’un de ses loisirs préférés, la lecture.

Elle découvre alors qu’elle peut avoir accès aux livres, à l’aide des nombreux outils permettant l’accessibilité. Passionnée, Dominique décide de partager son savoir avec les usagers déficients visuels, pour leur redonner goût à la lecture ou encore les initier à cette activité.

En accord avec sa direction, elle décide de lancer le tout premier café littéraire en 2013. Engagée dans son métier, elle rappelle que « même si on a perdu la vue, on ne doit pas tourner le dos à l’information car le handicap n’est pas une excuse pour ne pas s’informer ».Le café littéraire a donc pour objectif d’attiser la curiosité intellectuelle des usagers tout en suscitant et en entretenant leur amour pour la lecture.

« Tous les 3 mois, nous invitons un auteur guyanais ou vivant en Guyane à discuter de son roman avec un public atypique », explique Dominique. Dès que l’auteur a donné son accord pour  que son livre soit transcrit en braille, gros caractère et en audio, le transcripteur de l’APAJH Guyane se charge de le rendre accessible à tous. Après transformation, chaque participant reçoit son exemplaire un mois avant la séance, afin d’en prendre connaissance. Le livre, présenté comme un support de communication interactif, favorise ainsi des échanges enrichissants entre les intéressés.

« Je ne m’attendais pas à un tel succès », s’étonne Dominique. En effet, lors de ces rencontres trimestrielles, les auteurs sont surpris et flattés par l’engouement que suscite leur ouvrage auprès des lecteurs malvoyants et non-voyants, à tel point qu’ils se portent volontaires pour les prochaines séances. De Salomé JOSSIN qui a sorti son premier roman Destiny, juste un souffle, à l’âge de 17 ans, à Christiane Taubira, ancienne Garde des Sceaux, qui s’est livrée dans Murmures à la jeunesse, les cafés littéraires sont devenus des moments privilégiés pour les usagers qui peuvent poser leurs questions à l’auteur invité en toute liberté.

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